Maux d’amour

de Dan Gordon
traduction de Pierre Laville

Cette pièce tirée du film américain, « Tendres Passions », nous plonge dans la relation chaotique et parfois toxique d’une mère et sa fille.
Ce fabuleux film cinq fois, oscarisé, puis adapté à Broadway, fait ici l’objet d’une première adaptation en France, fine, drôle, audacieuse, et émouvante.

Cette proposition donne corps aux liens invisibles, fragiles et à toute l’ambivalence qui se niche dans les rapports filiaux et maternels d’attachements aussi tendres que sclérosants.
S’étalant sur une vingtaine d’année, cette pièce sur la difficulté de s’aimer, met en lumière la complexité de nos sentiments, et de nos liens d’attachements.
Construite comme une comédie dramatique, elle nous dévoile, peu à peu, la puissance de nos schémas psychiques et notre difficulté à nous émanciper de la loyauté familiale. Elle met en lumière l’ambivalence des liens et la relation handicapante qui s’est tissée entre une mère et sa fille.

Avons-nous pour obligation de rester fidèle et intègre à notre lignée ? De quelle manière réaliser nos rêves et aspirations ? Comment affronter la peur de décevoir, ceux qui nous sont chers ? Et, existe-t-il un moyen véritable de se défaire de son histoire familiale ?

La dramaturgie cinématographique et séquencée, imposée par l’écriture de la pièce, nous amènera à créer de petites séquences visuelles, empruntes des rêves et des aspirations des personnages.
Petit à petit, un monde onirique et poétique va s’inventer, dessiner des ellipses imaginaires et créer des résonances entre les scènes. La mise en scène va ainsi donner à voir les rêves qui se cachent derrière chacun et qui relient les personnages entre eux.

Un univers musical, teinté de sonorités américaines, inspiré du Blues, du jazz et de morceaux appartenant à notre mémoire collective, s’immiscera dans la pièce. La création musicale accompagnera le glissement des scènes et des personnages d’un espace à l’autre. C’est la musique ici qui va devenir le fil conducteur des errances et interrogations de ces personnages.

L’univers esthétique sera marqué, stylisé. Il va dessiner et créer une atmosphère et un univers visuel intemporel, et jouera avec les références cinématographiques. L’époque n’est volontairement pas définie afin que l’histoire résonne aussi bien aujourd’hui qu’hier.
Johanna Boyé